Le réseau mobile français change de visage : la 5G s'étend, la 2G et la 3G déclinent

Le déploiement des réseaux mobiles continue de progresser en France, mais à des rythmes très différents selon les générations de technologie. La 5G poursuit son expansion, la 4G gagne encore du terrain tandis que les réseaux 3G et 2G commencent progressivement à réduire leur empreinte. Dans son dernier observatoire mensuel, l’Agence nationale des fréquences (ANFR) dresse un état des lieux détaillé des infrastructures autorisées et de leur niveau de mise en service.
Au total, 72 743 sites de réseaux mobiles, toutes technologies confondues, sont désormais autorisés en France. Ces données, actualisées chaque mois par l’ANFR, sont également disponibles sur Cartoradio.fr, la plateforme cartographique qui permet de consulter les implantations radioélectriques autorisées sur le territoire.
La 5G continue de progresser, mais à un rythme mesuré
La cinquième génération de réseaux mobiles poursuit son développement dans l’Hexagone. L’ANFR recense désormais 56 169 sites 5G autorisés en France, dont 1 471 situés dans les territoires ultramarins.
Sur cet ensemble, 50 182 sites sont déclarés techniquement opérationnels par les opérateurs. Autrement dit, près de neuf sites 5G autorisés sur dix sont aujourd’hui considérés comme prêts à fournir un service. Le taux de mise en service atteint précisément 89,3 %.
La progression reste toutefois relativement modérée. Au cours du mois d’août, le nombre de sites 5G autorisés a augmenté de 0,3 %. La dynamique est donc toujours positive, mais elle n’a plus le caractère spectaculaire observé lors des premières années du déploiement de la 5G.
Autre particularité du réseau français : la 5G repose très largement sur des infrastructures existantes. La quasi-totalité des sites 5G est installée sur des supports qui accueillent déjà des équipements 2G, 3G ou 4G. L’ANFR ne recense ainsi que 10 sites exclusivement dédiés à la 5G, sans autre génération de réseau mobile sur le même site.
Cette évolution traduit une stratégie largement fondée sur la modernisation des infrastructures existantes plutôt que sur la construction massive de nouveaux pylônes.
Trois bandes de fréquences au cœur du réseau 5G français
Le réseau 5G français s’appuie actuellement sur trois grandes bandes de fréquences : 700 MHz, 2 100 MHz et 3,5 GHz. Chacune possède ses propres caractéristiques et répond à des besoins différents en matière de couverture et de capacité.
La bande des 700 MHz compte 36 501 sites 5G autorisés, dont 31 819 sont déclarés techniquement opérationnels. Cette fréquence, particulièrement intéressante pour couvrir de vastes zones géographiques, permet notamment d'améliorer la portée du réseau et sa pénétration à l'intérieur des bâtiments.
La bande des 2 100 MHz totalise pour sa part 28 371 sites autorisés, dont 23 659 opérationnels. Elle est notamment exploitée par Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR.
Mais c’est surtout la bande des 3,5 GHz qui concentre les enjeux autour de la véritable montée en puissance de la 5G. 38 239 sites sont autorisés dans cette bande, parmi lesquels 33 846 sont déclarés techniquement opérationnels.
Cette fréquence constitue l'une des principales bandes utilisées pour offrir les performances les plus élevées de la 5G, notamment en matière de débit et de capacité dans les zones fortement sollicitées.
Il faut toutefois éviter d’additionner directement les chiffres des trois bandes. Certains sites utilisent plusieurs fréquences et sont donc comptabilisés plusieurs fois dans ces statistiques. Le total des sites par bande dépasse ainsi mécaniquement le nombre global de supports 5G autorisés.
La 4G reste le véritable socle du réseau mobile français
Malgré la progression de la 5G, la 4G demeure encore incontournable pour assurer la couverture mobile du territoire. Au 1er septembre, l’ANFR comptabilise 72 557 sites 4G autorisés en France.
En métropole, 68 817 sites 4G sont autorisés, dont 65 252 sont actuellement en service. Le réseau continue donc de s’étendre, mais là encore à un rythme désormais relativement modéré.
Au cours du mois d’août, le nombre de mises en service de sites 4G en métropole a progressé de 0,2 %.
Dans le détail, les quatre grands opérateurs affichent des niveaux d’implantation relativement proches.
Orange dispose de 32 988 sites 4G en service, avec 37 nouveaux sites mis en service au cours du mois. Bouygues Telecom atteint 32 119 sites, après 135 nouvelles mises en service. Free Mobile compte 31 398 sites, soit 66 de plus sur la période. Enfin, SFR totalise 31 024 sites, avec 106 nouvelles installations mises en service en août.
Ces chiffres montrent que, malgré l’attention portée à la 5G, les opérateurs continuent d’investir dans leurs réseaux 4G. Cette technologie reste essentielle pour assurer une couverture homogène et absorber une grande partie du trafic mobile quotidien.
Outre-mer : près de 3 600 sites 4G en service
Les territoires ultramarins disposent également d'un réseau 4G en développement. L'ANFR recense 3 740 sites 4G autorisés outre-mer, dont 3 595 sont actuellement en service.
La couverture mobile ultramarine continue ainsi de reposer largement sur la 4G, tandis que la 5G commence elle aussi à se développer progressivement dans certains territoires.
La 3G commence à reculer
Le paysage est très différent pour la troisième génération de réseaux mobiles. Alors que la 4G et la 5G poursuivent leur développement, la 3G commence progressivement à perdre du terrain.
Au 1er septembre, 54 757 sites 3G sont déclarés en service en France, dont 51 327 en métropole.
En France métropolitaine, le mois d’août s’est traduit par le retrait de trois sites 3G. Le recul reste donc encore limité à l’échelle du parc global, mais il illustre une tendance appelée à s’accentuer avec la modernisation des réseaux.
Dans le détail, les opérateurs affichent des évolutions différentes. Bouygues Telecom compte 30 007 sites 3G, soit 47 de plus sur le mois. Free Mobile totalise 6 568 sites, avec un site supplémentaire. Orange dispose de 29 861 sites, soit 23 de moins qu’au mois précédent. SFR atteint 29 630 sites, après 34 nouvelles mises en service.
Ces chiffres peuvent paraître surprenants alors que les opérateurs ont engagé la transition vers des technologies plus récentes. Ils reflètent toutefois les différentes stratégies de déploiement et de maintien des infrastructures encore nécessaires à certains usages et territoires.
La 2G commence également à être démantelée
C’est sur la 2G que la tendance au retrait est la plus visible. L’ANFR recense 36 909 sites 2G en service en France, dont 34 468 en métropole.
Au cours du mois dernier, 151 sites 2G ont été retirés du service en métropole.
Cette baisse s’inscrit dans un mouvement plus large de transformation des réseaux mobiles français. Les infrastructures historiques sont progressivement amenées à disparaître au profit de technologies plus récentes, capables de répondre à l’explosion des besoins en données mobiles.
La disparition progressive de la 2G et de la 3G ne signifie toutefois pas que les anciennes technologies disparaissent brutalement du jour au lendemain. Leur extinction doit être organisée progressivement afin de tenir compte des équipements encore utilisés, notamment certains appareils professionnels, objets connectés ou dispositifs reposant sur ces anciennes générations de réseau.
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